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Avantages | Opérations de Mise en Oeuvre | Instructions | Entretien

Copie de la Notice d'Utilisation du Scaphandrier Denayrouze, Société PIEL. Textes originaux, 1950 – 1960.
(...)
Note
sur les divers avantages
des scaphandriers Denayrouze*
 
A et B : Appareil Destiné aux Travaux Hydrauliques dans les Ports et Rivières
B1 et B2 : Appareil Destiné aux Travaux en Eau profonde
C : App. Destiné aux Applications Maritimes à Bord des Vaisseaux de Guerre

Depuis des années, certaines industries ont tiré un parti considérable des appareils permettant d'exécuter sous l'eau les travaux les plus divers.
Avant l'Exposition de 1867, les machines à plonger n'étaient guère employées que par les Ingénieurs de la Marine et les Entrepreneurs de travaux hydrauliques. A mesure que les Scaphandres ont gagné en sécurité et en simplicité, leurs applications se sont étendues.
 
Nous avons démontré, par les usages les plus variés et les plus nouveaux, que l'homme arrive à exécuter sous l'eau tous les travaux courants qu'il accomplit à l'air libre, mais, bien entendu, avec un peu plus de peine et de patience.
Or, nous avons vérifié bien souvent que, pour les travaux de recherches et de construction courante, le temps et les dépenses nécessaires sont infiniment moindres lorsqu'on emploie les appareils plongeurs que lorsqu'on a recours aux divers moyens détournés, imaginés pour éluder la difficulté de la présence de l'eau.
 
Aussi, avons - nous créé, pour chaque genre d'opérations sous - marines, un type spécial, complètement approprié à la nature du travail qu'il s'agit d'exécute.
 
Nous distinguons donc :

1. Les appareils destinés aux travaux hydrauliques dans les ports et les      rivières (Type A, B, et B1, B2 du Catalogue).
 
2. L'appareil destiné aux pêcheries, aux applications maritimes spéciales,      aux vaisseaux de guerre et aux paquebots à vapeur (Type C du      Catalogue).


A et B :
Appareil Destiné aux Travaux Hydrauliques dans les Ports et Rivières
 
Les appareils des types A et B, plus particulièrement applicables aux travaux hydrauliques des ports et des rivières, présentent, sur tous les systèmes connus, des avantages propres aux divers organes qui les composent, à savoir :

N°1   La Pompe
La pompe à air est plus légère, moins coûteuse ; les pistons à joints hydrauliques conjurent l'échauffement dû à la compression. Cette disposition de compression supprime l'usage d'une pompe à eau alimentaire indispensable dans les autres systèmes et qui n'a pour toute fonction que le refroidissement des corps de pompe.
 
Tous les organes de la pompe étant métalliques, les chances d'avaries sont presque nulles ; ses organes sont d'une simplicité extrême, et l'on peut les visiter en détail en enlevant le seul boulon qui réunit le balancier à la chape lui servant de pivot central. On n'emploie ni huile, ni graisse pour entretenir les cuirs des pistons du Type A, qui ne demandent que de l'eau.
 
L'air envoyé au Plongeur est donc non seulement sans odeur, mais encore il est rafraîchi par son passage au travers des couches d 'eau.
On n'emploie que deux clés pour le montage et le démontage de la pompe.
 
N°2   Le Tuyaux
Les tuyaux de conduite d'air résistent à une pression de 15 atmosphères (soit 15 kilos par centimètre carré). Cette pression représente celle qu'un Plongeur supporterait s'il pouvait descendre à une profondeur de 150 mètres. Nous avons ainsi supprimé la cause de mort la plus fréquente pour les ouvriers scaphandriers.
 
L'hélice métallique, au lieu d'être à l'intérieur du conduit, ce qui oppose une grande résistance au libre passage de l'air, est noyée dans l'une des couches de caoutchouc qui compose nos tuyaux. Ils sont moulés par bout de 10 ou 15 mètres et fabriqués en spirales, roulés au fur et à mesure de leur confection.
 
Ce procédé de fabrication donne à nos tuyaux une résistance beaucoup plus considérable à la traction ; ils ne forment pas d'anse quand on les déroule et ne sont pas cassants après un long repos.
Les raccords métalliques qui servent à joindre les bouts de tuyaux ne comportent pas l'usage de rondelles de cuir.
 
N°3   Le Réservoir à Air
Cet organe placé hors de l'eau, à courte distance de la pompe, est en tôle d'acier étamée à l'intérieur, servant de volant à air interposé sur le trajet des tuyaux de conduite, il débite un courant constant et régulier ; cela fait que le Plongeur n'entend plus le bruit si pénible des coups de pistons, et ne subit pas les pressions successives que leur mouvement imprime forcément quand la communication est directe entre la pompe et l'appareil.
 
Ce réservoir porte un manomètre qui le rend indépendant de la pompe, grâce à la présence d'un système de clapet se fermant de dedans en dehors. Cette disposition des clapets qui s'oppose à la sortie de l'air contenu dans le réservoir, dès que la pompe l'y a comprimé, constitue un approvisionnement acquis au Plongeur en cas d'arrêt ou d'accident à la pompe.
Le réservoir n'est indispensable que pour la pompe du type A ; la pompe B, dite Giffard, ayant son réservoir dans la colonne du bâti.
 
N°4   Le Casque
Nos casques portent une disposition de la soupape telle que le Plongeur peut régler lui - même immédiatement le débit de son air, sans avoir recours à un pas de vis actionnant le ressort.
 
Le premier avantage, au point de vue pratique, de cette disposition, est de permettre au Plongeur d'exécuter avec une facilité extrême les travaux dans lesquels le corps doit être penché. Dans les autres systèmes, l'afflux de l'air dans le casque et la partie supérieure de l'habit, quelle que soit d'ailleurs la détente du ressort, constitue une gêne considérable quand le haut du corps doit être incliné.
 
L'action immédiate que le Plongeur peut exercer sur sa soupape supprime de sa part l'obligation des signaux qui consiste à demander à chaque instant plus ou moins d'air, selon la position verticale ou inclinée qu'il peut avoir à prendre.
Le mouvement rythmique de la pompe une fois réglé, c'est le plongeur lui - même qui détermine sa consommation et la fait varier selon les cas.
 
Enfin, cette disposition de la soupape permet au Plongeur de remonter à la surface ou de descendre vers le fond avec la rapidité ou la lenteur qui lui conviennent et ainsi que ferait un ludion, cela sans aucun secours de l'extérieur, sans corde, ni échelle.
 
N°5   L' Appareil Acoustique
Cet appareil est entièrement indépendant des organes servant à la respiration ; l'on peut à volonté en faire usage, soit dans les travaux courants, soit seulement dans des cas spéciaux.
L'appareil acoustique est basé en effet, sur la propriété qu'ont les plaques métalliques d'entrer en vibration sous l'impression d'ondes sonores qui viennent frapper 1'une de leurs surfaces, et de répercuter avec une égale intensité ces vibrations du côté opposé à la surface frappée par les ondes sonores.
 
Partant de ce principe, nous fixons une de ces plaques de dimensions et de formes calculées au - dessous de la paroi extérieure de nos casques contre laquelle elle se trouve rivée et soudée intérieurement. Le casque est donc double en cet endroit.
Ouvrant alors une issue terminée par une tubulure filetée sur la paroi extérieure du casque, nous pouvons placer un tuyau acoustique d'un diamètre convenable, qui communiquera par l'un de ses bouts avec l'extérieur et par l'autre avec la plaque intérieure du casque.
 
Les ondes sonores produites par la voix pourront donc, par l'intermédiaire du tuyau, frapper cette plaque ; et qu'elles viennent, d'ailleurs, du dedans au dehors, ou du dehors au dedans, elles seront répercutées d'autant plus nettement de part et d'autre que l'espace dans lequel ont lieu les vibrations est circonscrit et bien clos.
 
Supposant une rupture accidentelle du tuyau ou un défoncement du casque, la plaque intérieure perd son élasticité propre, du fait de l'introduction de l'eau sur sa paroi extérieure et elle ne répercute plus les sons ; mais elle constitue un second casque intérieur qui laisse le Plongeur indemne de tout accident.
Les conditions restent les mêmes si l'appareil acoustique ne fonctionnait pas, et la plaque intérieure constitue, en tous les cas, une garantie supplémentaire pour la sécurité du Plongeur , si un accident survenait à la paroi extérieure du casque.
 
N°6   Les Habits de Caoutchouc
Nos habits sont de toute première qualité. Les étoffes les composant sont doubles aux genoux, aux coudes et aux pieds, une longue pratique ayant montrée que c'est en ces points que l'usure des habits se produit d'abord.
Ces renforcements doublent donc en quelque sorte la durée de l'habit ; la première couche d'étoffe étant usée, celle de dessous est intacte et susceptible d'un nouveau service.
 
N°7   Les Souliers à Semelles de Plomb
La forme de nos souliers et leurs dimensions permettent aux Plongeurs de toute taille de les fixer solidement.
Le cuir très souple et très fort, protège le bas du costume jusqu'au - dessus des chevilles et laisse aux pieds toute l'aisance désirable. La pointe des pieds étant la partie du soulier qui s'use la première, est protégée par de forts sabots de bronze qui font corps en dessous, avec la semelle de plomb, sur une surface de 10 centimètres et recouvrent le bout du soulier sur une surface semblable en dessus.
 
Ces divers perfectionnements constitue un appareil aussi complet que possible pour les travaux suivants : Constructions dans les rivières, les ports, les lacs, en un mot travaux hydrauliques ordinaires.


B1 et B2 :
Appareil Destiné aux Travaux
en Eau profonde
 
Tous les perfectionnements attribués au premier type sont conservés dans celui - ci ; nous nous contentons donc d'insister sur les avantages qu'une grande exploitation de pêche peut en tirer.
 
En ce qui concerne la pompe, l'usage a démontré que la forme et la dimension des barques généralement employées aux pêcheries maritimes rendent difficile l'usage des pompes à balanciers ; en effet, le roulis rend pénible l'effort vertical que les pompeurs ont à faire. Le mouvement de manivelle de pompe à volant reste, au contraire, assez aisé à produire. Aussi, nous conseillons, dans ce cas spécial, l'emploi des pompes à volants.
Celles que nous construisons présentent les perfectionnements suivants :
L'eau qui parvient dans la bâche et destinée à rafraîchir le corps de pompe, est introduite par un entonnoir fixé à la boite selon les besoins ; nous avons évité ainsi la présence d'une pompe alimentaire.
Quelques tours complets des manivelles permettent d'atteindre une pression correspondante à 15 ou 20 mètres de profondeur d'eau, pour la pompe du type B 1, et à 45 ou 50 mètres pour la pompe du type B 2 et cela avec une dépense de force très minime, grâce à l'adjonction du joint Giffard à chacun des pistons.
 
Nous rappelons enfin que si l'on a des Plongeurs habitués aux casques à douze boulons, ilsuffirait de l'indiquer dans la commande.


C :
Appareil Destiné aux Applications Maritimes à Bord des Vaisseaux de Guerre
et des Paquebots à Vapeur
 
Si l'idée fausse que la visite du Plongeur le long d'une carène de bâtiment constitue un travail difficile et compliqué n'était pas si répandue, il n'y aurait pas un navire à vapeur de quelque importance qui ne fut muni d'un scaphandre. Les vaisseaux de guerre, du reste, en possède à peu près tous.
La raison indiquée tout à 1'heure peut seule expliquer que les paquebots partent encore pour les Indes et pour l'Amérique sans appareil plongeur.
 
En effet, aujourd'hui, les coques sont pour la plus part en fer, et la vapeur a remplacé la voile ; aussi, dans bien des cas, des retards, des avaries et quelquefois la perte totale du navire, peuvent tenir à l'impossibilité dans laquelle l'on se trouve de remédier promptement à un accident arrivé à quelques uns des organes placés sous la flottaison.
 
Nous ne pouvons mieux faire que de citer les cas dans lesquels, à notre connaissance, l'emploi des appareils plongeurs à bord des navires a rendu des services considérables :

1. Pour aveugler provisoirement une voie d'eau produite par rupture de     boulons et entrebâillements de deux plaques, le navire ayant talonné en     route
 
2. Visite minutieuse dans un port d'escale sans bassin ni câble de halage     d'une carène endommagée et réparation permettant d'atteindre le lieu     de destination
 
3. Enlèvement de corps étrangers (corde, paquets d'herbe, morceaux de     bois) engagés dans l'hélice
 
4. Dégagement des prises d'eau de la machine, obstruées     accidentellement
 
5. Visite d'une ancre engagée

Pour envoyer l'homme instantanément le long de la carène, rien de plus simple que la disposition à prendre. On passe par l'avant une corde qu'on laisse tomber comme une ancre sous la proue, et on la promène sous la coque, de manière à ce qu'elle forme au navire une sorte de ceinture à la hauteur du point à visiter.
Cette corde sert de guide au Plongeur qui descend lui-même assis sur un petit trapèze soutenu par une corde comme les peintres le long d'une façade de maison.

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